Je me demande souvent à quoi ça sert. À quoi ça sert tout ça. Est-ce qu'il y a un sens. Parce que, quand j'y réfléchis, j'en trouve pas, de sens. J'ai beau penser pendant des heures, allongée sur mon lit dans le noir, j'y arrive pas. Je ne trouve pas à quoi ça sert. ou plutôt à quoi je sers. J'ai pas d'utilité, tu sais. Pas vraiment. J'veux dire, si j'existais pas, qu'est-ce que ça changerai? Rien. Mon existence n'est pas nécessaire. 

Il y a des gens dans le monde, leur vie sert à quelque chose. Parce qu'ils ont fais de grandes choses avant, et que maintenant le monde entier sait que sans eux, rien ne serait pareil. J'aimerai être de ces gens-là. Moi tu vois, j'veux que ma vie est un sens, un but. Je refuse d'être comme tous ces gens, qui passent leur vie à râler, à se plaindre, et qui croient tout savoir mieux que nous, sous pretexte qu'ils ont un bac+ je sais pas combien, et qu'ils sont mariés. 

Parce que, quand on y pense, tous ces gens là, ils passent peut-être leur vie à nous faire des leçons, à nous dire qu'ils savent et qu'ils comprennent. Mais tu sais quoi, moi tous ces gens-là, j'ai juste envie de leur cracher à la figure. Ou de rire, de rire bien fort. Seulement, c'est pas des choses qui se font, tu vois. Ils sont pathétiques. Tous pathétiques. 

Ce que je déteste le plus, c'est la manière dont ils essaient de nous embrouiller le cerveau. Avec leurs histoires d'égalité, de fraternité, de "beauté de la vie". J'y crois pas à tout ça, moi. Pas une seconde. Dès que tu grandis un peu, tu te rends compte qu'autour de toi, c'est pas du tout comme on te l'avait expliqué. Toutes ces couleurs vives, elles me font mal aux yeux. Elles sont fausses. Ils sont faux. 

"Je comprends."

Oui c'est vrai, j'avais oublié, t'as passé un diplôme spécialisé dans la psychologie des adolescents mal en points. Donc comme tu le dis, tu sais, tu comprends.

"Si t'as besoin de quoique ce soit, je serai toujours là, si t'as besoin de parler..."

Non, c'est faux, tu seras pas "toujours là". Bientôt, très bientôt, tu seras plus là. Du tout. Et puis, vos ébats de gentillesse et de pitié j'en veux pas putain, j'en veux pas. Et qu'est-ce que tu veux que je te dise? Tu trouves que c'est triste de voir les choses de façon si "négatives" à mon âge? Je vois pas les choses négativement en fait. Je les vois simplement sous leur vrai visage, comparé à vous, qui vous voilez sans cesse la face, et qui vous écroulez au moindre trou dans la route, incapables de le surmonter. Vous qui faites sans cesse semblant. Semblant que la vie est belle et que vous êtes heureux d'être en vie. Mais votre existence, concrètement, elle sert à quoi? À rien. Pas plus que la mienne et la tienne d'ailleurs. 

C'est triste, dans un sens. 

J'en ai plus qu'assez, tu sais. Ils croient que c'est simple. Ils croient qu'ils feraient mieux. Ils croient qu'ils me connaissent. Mais en vérité, qu'est-ce qu'ils savent de moi, de toi, d'eux, d'elle? Rien. Rien du tout.

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Je sais pas si ça t'est déjà arrivé de voir la personne que tu considérais comme l'une des plus fortes au monde, s'effondrer subitement devant tes yeux. Tes yeux qu'ils croient dupes. 

Voir ce tremblement parcourir le corps, faire trembler légèrement la lèvre inférieur, voir la respiration s'accélérer, tenter de calmer le flot d'émotions le noyant peu à peu. Sans succès. Voir ces yeux devenir rouges, et ce menton trembler, tandis que la voix d'ordinaire si dure, si sûre, si rassurante, se briser. Voir ces poings se serrer de rage, car, non, il ne faut pas craquer, pas ici, pas maintenant. Voir ce visage se crisper. Lire la souffrance si connue, si côtoyée, se dessiner sur un visage qu'on aurait tant aimé pouvoir préserver de tout ça. 

Ça fait mal. 

C'est ridicule d'avoir mal. Ils disent que c'est "humain". Dans, ce cas, c'est ridicule d'être humain. 

C'est comme l'amour. C'est ridicule. Pathétique. Ils me font rire. À y croire, à oser espérer que tout va s'arranger dans leurs vies grâce à l'amour. Ils se marient, se font des promesses, s'engagent. Et à la première difficulté, baissent les bras. Et puis s'en va. Ahah. Aujourd'hui, c'est comme si le mariage n'avait plus de sens. On se marie pour faire bonne impression, parce que ça joue dans notre réputation, ça fait dire aux autres qu'on a "réussis notre vie". Mais plus pour les véritables raisons. Le marirage, c'est un engagement, une promesse. La promesse de s'aimer, de veiller l'un sur l'autre, de vieillir ensemble. Pour le meilleur et pour le pire? Mon cul. Les gens semblent avoir oublié tout ça. Tout s'oublie.

Rien ne dure pour toujours. Tout est éphémère. J'aime ce mot. Cette phrase est la seule qui soit vraie, je crois. Rien ne dure. Pas même les choses les plus longues. Tout à une fin. Une fin inévitable qu'on s'efforce de repousser. Encore, et encore. 

Et moi, je suis là. Encore, et encore, et encore. 

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" - J'm'en branle, Jal, dis-le. J'm'en branle.

 - J'm'en branle.

 - Énorme ! Allez viens, on s'tire d'ici."

 Skins

"We are like stars
Waiting to shine
We're just waiting for our moment to arrive
Is it just dark days
We must survive
"

Tich

"Just set it on fire
And you'll feel no pain
Your skies will burn brighter
When you feed the flames
So let it burn
Cause you got it in you
Let it burn
To light up and break through
Set it on fire
Turn them all to dust
So they can't touch us"

Tich

"I walk a lonely road
The only one that I have ever known
Don't know where it goes
But it's home to me and I walk alone

I walk this empty street
On the Boulevard of Broken Dreams
Where the city sleeps
And I'm the only one and I walk alone"

Green Day

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