Les choses changent. Les choses changent si vite. En une journée, une heure, une minute, un instant, les choses peuvent changer.Une vie peut basculer, en un mot, une phrase, un battement de coeur, une respiration, un regard. Au fond, notre équilibre est si fragile, n'importe quoi peut nous faire basculer, une chose, si infime soit-elle, peut renverser notre vie, notre état. 

Il a suffit d'une fois pour que mon équilibre s'établisse par rapport à toi, d'une fois (d'un départ plutôt) pour que ce même équilibre bascule et s'explose. Après ça, il n'y a plus eu d'équilibre du tout. Je marchais sur un fil, glissant, avec l'éternel incertitude de ce qui allait se passer. Je savais pourtant que je risquais de tomber, et le précipice qui était en dessous de mes pieds semblait sans fin. 

Pourtant, je suis tombée.

J'ai touché le fond et je n'ai pas pu remonter, tu sais. J'ai essayé, tu sais, j'ai tant et tant essayé de remonter. Mais à chaque fois, je suis retombée. 

Jusqu'à ce que Cat me trouve. Suivie de Sue et de Perrie. Et qu'elles deviennent mes seules alliées, en plus du manque. Des alliées aussi ennemies qu'amies. 

Ils n'ont jamais rien vus. 

Et puis, tout à coup, il est là. Il est là et il me regarde en souriant. J'ignore qui il est, il ignore qui je suis. Tout ce que je sais, c'est qu'il est là. Lui. Lui à qui je me suis tant accrochée pour t'oublier, lui à qui j'ai rennoncé. Et puis, lui, qui finalement, est venu. Il ne sait rien, ne te connait pas, ne connait ni Cat, ni Sur, ni Perrie. Juste moi. Mais pas la moi t'appartenant. J'ai deux côtés, un côté sombre, le tien, et un côté blanc, le sien, et celui de V. Ce côté-ci est celui que je connais à peine, dont j'ignorai l'existence, dont seul , lui et me rappelaient l'existence. Ce côté-ci est celui enfouit au fond de moi, que je préfèrais ignorer. Car jusqu'à il y a si peu de temps, je considérais qu'il n'était pas une part entière de moi. Je considèrais que seule ta partie comptait. 

Mais non. 

Non. 

Non, ils existent. C'est plutôt toi qui n'existe pas. Chez quelqu'un de normal, c'est ta partie que je devrais ignorer, oublier. Mais tu fais partie de mon monde. Cet univers, que j'ai crée, tourne autour de ton souvenir. Je ne peux juste pas le refouler, ou l'oublier. Tu es là. Tu seras toujours là. Mais la peine, elle, disparaitra. 

Elle s'envolera comme une multitude de papillons. J'ignore si, un jour, je pourrais parler de toi comme si tu n'importais plus. Ce que je sais, c'est que la peine est moins lourde à porter aujourd'hui. Qu'elle me noie moins, m'éttouffe moins. Me tue moins. Je vis avec elle, peut-être est-ce pour ça, par habitude, que je sens moins sa présence. 

Je souris à nouveau sincèrement, de temps en temps, tu sais. Mes larmes s'eclipsent, mes yeux sèchent. Mon coeur se fait plus dur, et les nuits m'effraient moins. 

Alors, oui je vais peut-être mieux. Et oui, oui, j'espère qu'il me guérira complètement. 

Ca peut paraître con, tu sais. Mais j'espère à nouveau. Et ce, grâce à lui.

 

 

ps : tu me manques.