la sensation unique du soleil caressant mon dos. cette odeur salée, ce bruit de vagues éclantants sur le sable mouillé. un bras sous mon corps, l'autre a l'air libre. des étrangers, des inconnus partout autour de moi. le bout de mes orteils s'enfonçants dans le sable brûlant. le vent léger , presque imperceptible faisant voler des mèches de cheveux. les cris de joie des enfants , tout proches, semblants pourtant si lointains. 

je sens mon corps brûler sous la chaleur du soleil. mais je dois rester encore un peu. encore. les yeux fermés, la respiration calme, rien ne semble si compliqué ici. les gens ne regardent pas, ne s'attardent pas, ne me connaissent pas, ne me jugent pas. 

je sais que ce n'est qu'une coupure. une coupure, une pause, de la vraie vie. de l'enfer. 

je m'avance au bord. les vagues froides s'abattent sur mes pieds, mouillent mes chevilles. L'eau est glaciale. rien qu'en touchant mes pieds, elle rafraîchit mon corps tout entier. Je n'ose pas frissonner. deux enfants passent devant moi en courant , en riant. Ils éclaboussent mon ventre. Ils se poursuivent, s'attrapent, se jettent dans l'eau, ensemble. Je les regarde. Cachée là, derrière mes lunettes de soleil noires, personne ne sait où mon regard est réellement. Je me penche en avant, effleure l'eau du bout des doigts. Elle glisse sur ma main, et des gouttes salées roulent le long de mon bras, caressant les marques, qui me semblent alors appartenir à un autre temps. Pourtant , j ai du mal à supporter leur disparition, qui s'accélère au fil des jours. Si elles s'en vont, elles prendront une partie de moi. Mais je ne veux pas y penser. Pas maintenant.                     Je porte un doigt à mes lèvres, et, au lieu de sentir le goût du sang, je sesurin goût salé caresser le bout de ma langue. J'entends mon nom. Me retourne. On rentre. 

elle me sourit, me parle, me garde à la surface. je sais que plus tard, nous irons sauter dans l'eau fraiche toutes les deux ensembles.

j'ai l'impression que mes jambes se consument tant il fait chaud. la musique retentit dans mes oreilles, je n'entends rien, si ce n'est la voix du chanteur. 

cause only tears, cause only fears, there is no love here

No Love. Simple Plan. 


je me lève. marche. Le carrelage brûle la plante de mes pieds. Mais je m'en fous. Je laisse mon corps glisser dans l'eau fraîche, nettoyant ainsi mes rêves noirs éveillés. ma tête plonge sous l'eau, mes cheveux caressent mon dos. la respiration bloquée, j'ouvre grands les yeux. Tout est flou, comme dans ma tête, comme quand je pleure, mais ici, c'est pour de vrai. Je donne des battements de jambes, j'avance, j'évolue au fond du bassin sans un Bruit, comme une ombre se glissant derrière quelqu'un. tout est silencieux. je suis au plus profond. Je m'assois ici, quelques secondes. mes yeux me piquent et ma respiration commence à manquer. Alors je donne un violent coup de pied, propulsant mon corps vers le haut, vers le soleil brillant à la surface. 

Et j'émerge.

la tout de suite, je suis bien.